Depuis, des initiatives nombreuses se sont développées dont la dernière en date est celle du Président Bush - saluée avec
enthousiasme par l’Union européenne - consistant à évoquer une Conférence internationale à New York, au siège de l’ONU, sur la question du Proche-Orient.
Celles et ceux qui pensaient que cette Conférence internationale consisterait à aboutir, enfin, à un accord global finalisé sur la base du droit international pour
aboutir à la création d’un Etat palestinien et permettant de régler, toujours sur la base du droit international édicté, la question des réfugiés, ont vite déchanté.
Car il ne s’agit pas de cela du tout dans l’esprit de Bush mais seulement de parler « grands principes ». Autrement dit une réunion destinée à donner le
change sur le fait qu’on s’occupe « vraiment » de la question proche orientale mais en vérité une réunion pour rien, en trompe l’œil, une coquille vide destinée à faire patienter et
illusionner encore l’opinion publique internationale.
Depuis cette annonce de Bush il y a eu des réunions entre le Président de l’Autorité palestinienne et Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, en particulier en
territoire palestinien, à Jéricho, des réunions qui n’ont pas avancé d’un centimètre de ce point de vue tandis qu’on faisait grand cas de l’évacuation par l’armée israélienne de deux -
deux ! - colons à Hébron.
Et puis pour faire bonne mesure voici que le nouveau leader du Parti travailliste qui est aussi ministre de la défense vient de lancer un brûlot qui éclaire
l’ensemble. Dans le quotidien Yediot Aharonot il a accordé, ce vendredi 10 août, une interview où il déclare sans ambages que tout retrait de l’armée israélienne de Cisjordanie est exclu
« avant cinq au moins ».
Il a ajouté, afin que personne ne se trompe sur le sens des manoeuvres actuelles animées par Bush et Olmert et soutenues par le Quartette que « le public
israélien réagit sainement en ne croyant pas en de telles fantaisies ». Et de considérer que Mahmoud Abbas est un « homme faible ». Ainsi rien à attendre de ce mauvais scénario. Ce
n’est pas la paix qu’ils cherchent. C’est la prolongation de la guerre par d’autres moyens.
Il y avait un gouvernement palestinien d’Union nationale reconnaissant les trois conditions posées par la communauté internationale. Il a explosé en vol d’autant plus
que Israéliens et Américains n’en voulaient pas et ont fomenté des troubles à Gaza mettant le Hamas - qui n’est pas tout blanc - hors le jeu politique. Il y a avait l’initiative arabe de
Riyad : refusée par Israël. Et maintenant il y a ces faux- semblants qui ne trompent que ceux qui le veulent bien.
Tout cela est grave et sérieux. Dix ministres européens sur 27 avaient exprimé une autre voix. Elle a été étouffée. Et Tony Blair, envoyé spécial de l’Union
européenne, a changé très vite de casquette : il est le représentant du Quartette lequel est soumis aux Américains. Belle et grande Europe...
Cela étant dit, deux conclusions peuvent se déduire aisément de ce pauvre et minable « spectacle ».
Tout d’abord l’initiative Bush, sous réserve d’un net sursaut qui est peu probable, est une nouvelle manœuvre dont il n’y a rien à attendre de bon et qui, une fois de
plus, poussera les Palestiniens a plus d’exigences relativement à leurs dirigeants et qui les radicalisera un peu plus, si c’est possible. Les occidentaux font le jeu de ceux qu’ils prétendent
combattre, c’est si commode... Et il se trouve des personnes pour tomber dans le « panneau »...
Et, en second lieu, il convient de répliquer à l’affirmation du Président de la République française que le droit à l’existence et à l’établissement d’un Etat
palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale n’est pas « négociable » non plus. Rappelons naïvement que ce sont les Israéliens qui occupent un pays et que ce sont les Palestiniens les
victimes... Les uns sont causes les autres conséquences.
Mais résulte de tout cela une autre question : avons-nous, nous les militants pour la paix, une part de responsabilité dans tout cela ? La
réponse est catégoriquement : oui ! Alors tirons-en les conclusions...Il est temps. L’histoire nous convoque plus que jamais et avec elle la solidarité internationale. Ne soyons pas en
deçà des exigences. Ou alors assumons...
Jean-Claude Lefort Député honoraire
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